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B

branches terrestres

Les branches terrestres 地支Dìzhī

Les branches terrestres (地支) sont un système ancien de classification utilisé dans le calendrier traditionnel chinois, l’astrologie (notamment le zodiaque chinois), le fengshui et les arts divinatoires. Elles sont au nombre de douze et s’enchaînent dans un cycle fixe.

Les douze branches terrestres :

NuméroCaractèrePinyinSigne du zodiaque
1Rat
2chǒuBœuf
3yínTigre
4mǎoLièvre / Lapin
5chénDragon
6Serpent
7Cheval
8wèiChèvre
9shēnSinge
10yǒuCoq
11Chien
12hàiCochon

Utilisation

Les branches terrestres sont le complément naturel des branches célestes (天干) et s’y associent pour former le cycle sexagésimal (干支). Ce cycle est utilisé pour désigner les années, mois, jours et heures dans le calendrier traditionnel chinois.

Chaque branche terrestre est également associée :

  • à un signe du zodiaque chinois (voir tableau ci-dessus),
  • à une (périodes de 2 heures),
  • à un ou plusieurs éléments du 五行 (Wǔxíng),
  • et à une polarité yin ou yang.

Ces associations sont utilisées dans de nombreuses disciplines traditionnelles chinoises pour analyser les cycles temporels, le caractère des individus, ou les énergies d’un lieu ou d’un moment.


C

Consonne aspirée

Pourquoi parle-t-on de consonnes « aspirées » en mandarin ?

Le problème du mot « aspirée »

Quand on prononce p, t, k, q, ch, c en chinois mandarin, on expire un souffle d'air puissant — on ne fait pas entrer de l'air. Donc « aspirée » est, à première vue, un contresens.

D'où vient ce terme ?

Le mot vient du latin aspirare (« souffler vers »), introduit dans la phonétique européenne à une époque où la terminologie n'était pas encore rigoureuse. Les phonéticiens du XIXe siècle l'ont adopté pour désigner les consonnes accompagnées d'un souffle audible (un petit « h »), par opposition aux consonnes « non aspirées » produites sans ce souffle. Le terme a ensuite été calqué dans la phonétique des langues du monde, y compris pour le chinois — et il est resté, même s'il est trompeur.

Ce que « aspirée » décrit vraiment

En phonétique, « aspirée » ne décrit pas la direction du flux d'air (inspire/expire), mais la présence d'un délai d'aspiration (Voice Onset Time – VOT) : après le relâchement de l'occlusion, il y a une fraction de seconde où de l'air s'échappe avant que les cordes vocales ne commencent à vibrer. Ce souffle résiduel produit un son proche de [h].

Chinois Pinyin Type Ce qui se passe
non aspirée relâchement → vibration immédiate
aspirée relâchement → petit souffle → vibration

En mandarin, la distinction est phonémique

Contrairement au français (où l'aspiration est un simple détail phonétique), en mandarin les paires b/p, d/t, g/k, z/c, zh/ch, j/q sont des paires minimales dont le seul critère distinctif est ce souffle.

Un terme alternatif plus précis ?

Certains phonéticiens préfèrent parler de consonnes « soufflées », ou utilisent directement le terme anglais aspirated (qui a le même défaut étymologique, mais est universellement compris). En notation API, l'aspiration est marquée par un petit exposant : pʰ, tʰ, kʰ.

En résumé : le terme est un héritage historique approximatif. Ce qu'il désigne réellement, c'est un souffle expiratoire différé, pas une inspiration.

É

Élégies de Chu

Le 楚辞 (Chǔcí, Élégies de Chu) est la première anthologie poétique de la Chine ancienne, représentative de la culture de l’État de Chu (région du Yangzi, sud de la Chine). Distincte de la tradition classique nordiste (comme le Shijing), elle mêle chamanisme, lyrisme romantique et expression politique.


1. Origines et contexte

  • Période : Compilé sous les Han occidentaux (IIᵉ siècle AEC) par Liu Xiang, mais inclut des œuvres plus anciennes (IVᵉ–IIIᵉ siècles AEC).
  • Auteurs principaux :
    • 屈原 (Qū Yuán), ministre exilé, figure emblématique.
    • 宋玉 (Sòng Yù), autre poète majeur.
  • Contexte culturel :
    • Fusion de rites chamaniques (wu), mythologie locale et lamentations politiques.
    • Opposition à la rigueur confucéenne du Nord, privilégiant l’émotion et le surnaturel.

2. Structure et œuvres clés

Le Chuci comprend 17 chapitres, dont les plus célèbres sont :

A. Œuvres attribuées à Qu Yuan

  1. 离骚 (Lí Sāo, Tristesse de la Séparation)
    • Long poème autobiographique : Décrit l’exil de Qu Yuan, ses quêtes spirituelles et ses dialogues avec les dieux.
    • Style : Allégories cosmiques (voyages célestes, dragons, phénix).
  2. 九歌 (Jiǔ Gē, Neuf Chants)
    • 11 chants rituels pour invoquer les divinités (ex: 湘君Xiang Jun, dieu du Fleuve Xiang).
    • Structure : Dialogues entre chamans (wu) et esprits, mêlant érotisme sacré et transe.
  3. 天问 (Tiān Wèn, Questions au Ciel)
    • Poème philosophique : Interroge les mythes cosmogoniques (origine du monde, dynasties légendaires).
  4. 招魂 (Zhāo Hún, L’Appel à l’Âme)
    • Rituel chamanique pour guider une âme perdue (peut-être écrit pour le roi de Chu).

B. Autres textes notables

  • 九章 (Jiǔ Zhāng, Neuf Élégies) : Poèmes mélancoliques sur l’exil.
  • 远游 (Yuǎn Yóu, Lointain Voyage) : Récit d’un voyage mystique taoïsant.

3. Thèmes majeurs

  • Chamanisme et religion :
    • Invocations aux dieux (shén) et ancêtres.
    • Usage de symboles (parfums, fleurs) pour attirer les esprits.
  • Exil et mélancolie :
    • Qu Yuan incarne le loyaliste rejeté, thème récurrent dans la littérature chinoise.
  • Nature et cosmos :
    • Paysages luxuriants du Sud (rivières, montagnes), contrastant avec le Nord aride.

4. Style et influence

  • Langage : Vers libres, rimes irrégulières, métaphores complexes.
  • Influence :
    • A inspiré la poésie fu des Han.
    • Base du romantisme littéraire chinois (vs. réalisme confucéen).
    • Réinterprétation taoïste (quête d’immortalité).

I

Idéogramme

Dans l'écriture chinoise, un idéogramme (指事字, zhǐshì zì) est un caractère qui représente une idée ou un concept abstrait en utilisant des éléments graphiques ou des symboles simples. Contrairement aux pictogrammes, qui imitent visuellement des objets concrets, les idéogrammes chinois cherchent à symboliser des notions plus abstraites par des indications visuelles.

Les idéogrammes sont également un des six types de formation de caractères chinois, appelés les 六书 (liùshū), qui classifient les caractères selon leurs méthodes de création et de structure.

Voici quelques exemples d’idéogrammes dans l'écriture chinoise :

  • (shàng) et (xià), signifiant respectivement "au-dessus" et "en dessous", montrent par leurs traits la position relative dans l'espace, avec une ligne indiquant la base et un trait placé au-dessus ou en dessous pour représenter l'idée de position.
  • (běn), signifiant "racine" ou "base", est formé en ajoutant un trait horizontal à la base du caractère (), qui signifie "arbre", pour indiquer la partie de l'arbre située à sa racine.
  • (míng), signifiant "clair" ou "lumineux", combine les caractères (), "soleil", et (yuè), "lune". La juxtaposition de ces deux éléments symbolise la lumière et la clarté, que ce soit celle du jour ou de la nuit, unissant les deux sources de lumière naturelles pour représenter l’idée de luminosité.
  • (), (èr) et (sān) représentent les nombres "un", "deux" et "trois" simplement en fonction du nombre de traits horizontaux, chacun symbolisant la quantité par la répétition d’un trait.

Ces idéogrammes constituent une partie essentielle de l'écriture chinoise. Ils illustrent comment les anciens Chinois ont cherché à représenter visuellement des idées abstraites, en enrichissant ainsi la langue d'une dimension symbolique qui reste présente dans les caractères modernes.


Idéophonogramme

Un idéophonogramme (ou caractère phono-sémantique) est un caractère chinois composé de deux parties :

  1. Un composant sémantique (部首bùshǒu) qui donne une indication sur le sens du caractère.
  2. Un composant phonétique (声旁shēngpáng) qui suggère la prononciation du caractère.

Cette structure permet aux apprenants de deviner à la fois le sens approximatif et la prononciation d'un caractère, même s'ils ne l'ont jamais vu auparavant.

Exemples d'idéophonogrammes

Prenons quelques exemples pour illustrer ce principe :

  • () - « mère »
    • Composant sémantique : (, "femme") → indique que le caractère a un rapport avec le féminin.
    • Composant phonétique : (, "cheval") → donne une indication sur la prononciation (ma).
  • () - « rivière »
    • Composant sémantique : (variante de shuǐ, "eau") → indique un lien avec l'eau.
    • Composant phonétique : () → suggère la prononciation he.
  • (xiǎng) - « penser »
    • Composant sémantique : (xīn, "cœur/esprit") → lié à une activité mentale.
    • Composant phonétique : (xiāng) → donne une indication sur la prononciation.

L

Linga

Un linga (ou lingam) est un symbole sacré de l'hindouisme associé à Shiva, l'un des principaux dieux du panthéon hindou. Le linga est généralement représenté sous forme de colonne ou de cylindre vertical, souvent posé dans un socle circulaire appelé yoni, qui symbolise l'énergie féminine et la déesse Shakti. Ensemble, le linga et le yoni représentent l'union des principes masculin et féminin, l'énergie créatrice de l'univers, et sont donc des symboles de fertilité, de création et de régénération.

Le linga est couramment vénéré dans les temples dédiés à Shiva, où il est souvent baigné de lait, d'eau ou de ghee en signe de dévotion. Dans la symbolique spirituelle, il représente aussi l'infini, le sans-forme et l'au-delà des caractéristiques matérielles, ce qui en fait un symbole d'absolu et de transcendance dans la tradition hindoue.

P

Pictogramme

Dans l'écriture chinoise, un pictogramme (象形字, xiàngxíng zì) est un caractère dont la forme originelle représente directement l'objet ou le concept qu'il désigne. Ce type de caractère est l'un des six types de formation de caractères chinois (六书, liùshū), classifiés en fonction de leur structure et de leur méthode de création. Les pictogrammes chinois ont évolué à partir d'images simplifiées, dessinées pour ressembler aux objets qu’ils représentaient, comme la montagne, le soleil ou l'arbre.

Voici quelques exemples de pictogrammes dans l'écriture chinoise :

  • (shān) : représente une montagne, avec des sommets pointus.
  • () : représente le soleil, souvent dessiné avec un point central.
  • () : représente un arbre, avec une forme suggérant le tronc et les branches.

Au fil des siècles, les pictogrammes chinois ont simplifié et stylisé leurs traits, ce qui rend leur forme actuelle parfois moins reconnaissable par rapport aux dessins originels. Cependant, ces caractères pictographiques constituent encore aujourd'hui une base de l'écriture chinoise, en transmettant visuellement leur signification initiale.


Q

Question complète

Une question complète (ou interrogation totale) est une question pour laquelle on peut répondre par oui ou par non. Elle ne demande pas d'information supplémentaire.

Exemple :
"Est-ce que tu vas bien ?" est une question complète,
mais "Comment vas-tu ?" ne l'est pas.


Quipu

Image de Quipu

Un quipu est un dispositif de comptabilité et de communication utilisé par les Incas et d'autres civilisations andines précolombiennes. Il se compose d'un ensemble de cordes et de nœuds, souvent fabriqués à partir de fibres de coton ou de laine de lama. Les quipus étaient principalement utilisés pour enregistrer des informations numériques, telles que les quantités de biens stockés, les transactions commerciales, ou les recensements de population.

Structure et fonctionnement

Un quipu typique est constitué d'une corde principale, appelée corde mère, à laquelle sont attachées plusieurs cordes secondaires. Les nœuds sur ces cordes représentent des chiffres, et leur position peut indiquer des valeurs différentes, un peu comme les chiffres dans un système de numération positionnelle. Les couleurs des cordes et les espaces entre les nœuds peuvent également avoir des significations spécifiques, ajoutant une couche supplémentaire d'information.

Utilisations historiques

Les quipus étaient utilisés par les administrateurs incas pour gérer les ressources de l'empire. Ils permettaient de suivre les récoltes, les tributs, et les mouvements de troupes. Les quipucamayocs, des spécialistes formés à la lecture et à la création de quipus, jouaient un rôle crucial dans la gestion de l'État inca.

Au-delà des chiffres

Bien que les quipus soient principalement associés à des données numériques, certains chercheurs pensent qu'ils pourraient également avoir été utilisés pour enregistrer des récits ou des événements historiques. Cette hypothèse repose sur la complexité de certains quipus et sur les témoignages des premiers chroniqueurs espagnols, qui mentionnent l'utilisation de quipus pour raconter des histoires.


S

Six Dynasties

Les Six Dynasties (六朝Liù Cháo, 220–589 apr. J.-C.) constituent une période fascinante et complexe de l'histoire chinoise, marquée par des bouleversements politiques, des innovations culturelles et des transformations sociales. Cette époque, qui s'étend de la chute de la dynastie Hàn jusqu'à l'avènement de la dynastie Suí, est souvent divisée en deux phases : les Trois Royaumes (Wèi, Shǔ et ) et les dynasties du Sud et du Nord.

Contexte historique

La période des Six Dynasties commence avec la fin de la dynastie Hàn en 220 apr. J.-C., qui a vu l'Empire chinois se fragmenter en trois royaumes rivaux : le Wèi, le Shǔ et le . Cette division a été popularisée par le roman historique "三国演义Sānguó Yǎnyì", qui décrit les luttes de pouvoir et les stratégies militaires de cette époque tumultueuse.

Les Trois Royaumes (220–280 apr. J.-C.)

  • Wèi (220–265) : Fondé par 曹操Cáo Cāo et son fils 曹丕Cáo Pī, le Wèi contrôlait le nord de la Chine. Malgré sa puissance militaire, le Wèi fut finalement renversé par la dynastie Jìn.
  • Shǔ (221–263) : Situé dans le sud-ouest, le Shǔétait dirigé par 刘备Liú Bèi, qui se proclamait héritier légitime de la dynastie Hàn. Le Shǔ est souvent romantisé pour ses figures héroïques comme 诸葛亮Zhūgé Liàng, un stratège de génie.
  • (229–280) : Établi dans le sud-est par 孙权Sūn Quán, le était connu pour sa marine puissante. Il fut le dernier des trois royaumes à tomber, marquant la fin de cette période de division.

Les Dynasties Jìn (265–420 apr. J.-C.)

Après la réunification de la Chine sous la dynastie Jìn, le pays connut une brève période de stabilité avant de sombrer à nouveau dans le chaos. La dynastie Jìn est divisée en deux phases :

  • 西晋Xī Jìn (265–316) : Cette période vit la réunification de la Chine sous le règne de la famille 司马Sīmǎ. Cependant, des conflits internes et des invasions étrangères affaiblirent le régime.
  • 东晋Dōng Jìn (317–420) : Après la chute de la capitale 洛阳Luòyáng, la cour impériale se réfugia à 建康Jiànkāng (actuelle 南京Nánjīng), marquant le début des dynasties du Sud.

Les Dynasties du Sud et du Nord (420–589 apr. J.-C.)

La période des dynasties du Sud et du Nord est caractérisée par une division géographique et politique de la Chine :

  • Dynasties du Sud (420–589) : Plusieurs dynasties se succédèrent rapidement, dont les 南朝宋Náncháo Sòng, les 南朝齐Náncháo Qí, les Liáng et les Chén. Ces régimes étaient connus pour leur prospérité culturelle et économique, ainsi que pour l'essor du bouddhisme.
  • Dynasties du Nord (386–581) : Les dynasties du Nord, fondées par des peuples non-Han comme les 鲜卑Xiānběi, incluent les 北魏Běi Wèi, les 北齐Běi Qí et les 北周Běi Zhōu. Ces dynasties ont finalement réussi à réunifier la Chine sous la dynastie Suí.

Innovations et contributions culturelles

La période des Six Dynasties fut une époque de grande effervescence culturelle et intellectuelle. Parmi les contributions majeures, on peut citer :

  • Bouddhisme : Le bouddhisme s'est largement répandu en Chine durant cette période, influençant profondément la culture et l'art chinois.
  • Littérature et poésie : Cette époque a vu l'émergence de nombreux poètes et écrivains célèbres, dont 陶渊明Táo Yuānmíng, dont les œuvres reflètent les idéaux taoïstes de simplicité et d'harmonie avec la nature.
  • Développements artistiques : Les arts visuels, notamment la peinture et la calligraphie, ont connu des avancées significatives. Les paysages et les portraits sont devenus des sujets populaires.
  • Avancées technologiques : Des innovations en agriculture, en métallurgie et en ingénierie ont également eu lieu, posant les bases pour les réalisations des dynasties Táng et Sòng.


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