Culture 6
Apprendre le chinois : culture — séquence 6
Le dialogue de la séquence 6 porte sur la famille. C'est l'occasion de découvrir la place centrale de la famille dans la culture chinoise, la richesse du vocabulaire familial chinois et le système de numérotation des frères et sœurs.
1. La famille chinoise : un pilier de la société
En Chine, la famille (家 jiā) est bien plus qu'un noyau de personnes vivant sous le même toit. Elle constitue le fondement de l'organisation sociale, un héritage direct de la pensée confucéenne qui place la piété filiale (孝 xiào) au sommet des vertus.
Traditionnellement, plusieurs générations cohabitaient dans un même foyer : grands-parents, parents, enfants et parfois oncles et tantes. Aujourd'hui, dans les grandes villes, les familles nucléaires (parents + enfant) sont devenues la norme, mais les liens familiaux restent extrêmement forts. Il est très courant que les grands-parents s'occupent des petits-enfants pendant que les parents travaillent.
La politique de l'enfant unique (独生子女政策 dúshēng zǐnǚ zhèngcè), en vigueur de 1979 à 2015, a profondément transformé la structure familiale chinoise. Pendant plus de trente ans, la plupart des familles urbaines n'ont eu qu'un seul enfant. Depuis 2016, la politique a été assouplie pour permettre deux puis trois enfants, mais les habitudes ont changé et beaucoup de jeunes couples choisissent de n'avoir qu'un seul enfant.
2. La richesse du vocabulaire familial chinois
Le chinois possède un vocabulaire familial d'une grande précision. Là où le français utilise un seul mot — « oncle », « tante », « cousin » — le chinois distingue systématiquement :
- si la personne est du côté paternel ou maternel ;
- si elle est plus âgée ou plus jeune que le parent concerné.
Par exemple, pour « oncle » :
- 伯伯 bóbo — grand frère du père (oncle paternel aîné)
- 叔叔 shūshu — petit frère du père (oncle paternel cadet)
- 舅舅 jiùjiu — frère de la mère (oncle maternel)
- 姑父 gūfu — mari de la sœur du père
- 姨父 yífu — mari de la sœur de la mère
Cette précision reflète l'importance de la hiérarchie et du lignage dans la culture chinoise. Savoir exactement quel lien unit deux personnes permet de déterminer les obligations de respect et de solidarité entre elles.
3. 大姐, 二姐… : numéroter les frères et sœurs
Dans une famille chinoise, les frères et sœurs sont souvent désignés par leur rang dans la fratrie. On place le numéro d'ordre devant le terme de parenté :
- 大姐 dàjiě — la sœur aînée (la « grande sœur »)
- 二姐 èrjiě — la deuxième sœur aînée
- 大哥 dàgē — le frère aîné (le « grand frère »)
- 二哥 èrgē — le deuxième frère aîné
- 小妹 xiǎomèi — la petite sœur (la benjamine)
Notez que pour le premier, on utilise 大 dà (grand) et non 一 yī (un). Ensuite, on utilise les chiffres : 二 (deuxième), 三 (troisième), etc. Pour le dernier-né, on utilise souvent 小 xiǎo (petit).
Dans le dialogue de la séquence, Bai Xue a un grand frère (哥哥 gēge), une grande sœur (姐姐 jiějie) et deux petites sœurs (两个妹妹 liǎng gè mèimei). En Chine, on pourrait s'adresser aux deux petites sœurs en les appelant 大妹 dàmèi (la plus grande des petites sœurs) et 小妹 xiǎomèi (la benjamine).
Ce système de numérotation est encore très vivant en Chine, notamment dans les contextes familiaux et ruraux. Il exprime le respect de la hiérarchie d'âge, valeur centrale de la culture chinoise.
- Les frères et sœurs aînés sont désignés par leur rang : 大, 二, 三…
- Le plus jeune est souvent appelé 小 (petit).
- Ce système reflète la hiérarchie d'âge au sein de la famille.