Apprendre le chinois : culture — séquence 5

Le dialogue de la séquence 5 porte sur les nationalités et les langues. C'est l'occasion de comprendre comment les Chinois nomment leur pays, comment se construisent les noms de pays en chinois, et de découvrir l'emploi de la forme de politesse nín.


1. Les différents mots pour parler de la Chine

En français, nous n'avons qu'un seul mot : « la Chine ». En chinois, il en existe plusieurs, chacun portant une nuance différente :

On rencontre aussi :

  • 中华 Zhōnghuá — « la splendeur du milieu ». Terme plus littéraire et solennel, utilisé dans le nom officiel de la République populaire de Chine : 中华人民共和国 Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó.
  • huá — souvent utilisé pour désigner les Chinois d'outre-mer (华人 huárén) ou la culture chinoise en général.

Enfin, le mot courant pour dire « pays » en chinois est 国家 guójiā. Ce mot est composé de guó (pays, État) et de jiā (famille, foyer). « Pays » se dit donc littéralement « État-famille ». Ce n'est pas un hasard : dans la culture chinoise, le pays est perçu comme une extension de la famille. De même que l'on est loyal et dévoué envers sa famille, on l'est envers son pays.

Ce lien affectif entre la nation et la famille explique la fierté et l'attachement que beaucoup de Chinois éprouvent envers leur pays. Il explique aussi une question que les Occidentaux en Chine entendent très souvent :

Cette question, posée avec un mélange de curiosité et de fierté, est très courante. Elle peut surprendre un Français — on imagine mal demander à un touriste chinois à Paris : « Est-ce que vous aimez la France ? » Mais en Chine, c'est un geste naturel : on vous accueille dans la « grande famille » et on espère que vous vous y sentez bien.


2. Les différents noms de la langue chinoise

La langue chinoise elle-même porte plusieurs noms, et la différence entre eux n'est pas qu'une question de vocabulaire — elle reflète l'histoire linguistique de la Chine :

Ce terme a une portée historique particulière. Pendant des millénaires, la Chine a été un pays de grande diversité linguistique : les habitants de régions différentes parlaient — et parlent encore — des langues orales mutuellement incompréhensibles (cantonais, wu, min, hakka, etc.). Mais tous partageaient une langue écrite commune : le 文言 wényán, ou « chinois classique ».

Le 文言 était une langue purement écrite, utilisée dans l'administration, la littérature, la philosophie et les échanges officiels. Un lettré de Canton et un lettré de Pékin ne se comprenaient pas à l'oral, mais pouvaient communiquer sans difficulté par écrit grâce au 文言. C'est cette langue écrite partagée qui a assuré l'unité culturelle de la Chine à travers les siècles.

Le terme 中文 renvoie donc à cette réalité : la langue de toute la Chine, celle qui transcende les différences orales régionales par l'écrit. Aujourd'hui, 中文 désigne de manière générale la langue chinoise dans son ensemble (écrite et orale).

On rencontre également :

  • 普通话 Pǔtōnghuà — la « langue commune », c'est-à-dire le mandarin standard. C'est la langue officielle enseignée dans les écoles et utilisée dans les médias. Elle a été promue au XXe siècle pour unifier la communication orale dans tout le pays.
  • 汉字 Hànzì — les « caractères des Han », c'est-à-dire les caractères chinois eux-mêmes.

3. Comment se construisent les noms de pays en chinois ?

Les noms de pays en chinois sont des transcriptions purement phonétiques. Le procédé est le suivant : on choisit des caractères chinois dont la prononciation se rapproche du nom d'origine du pays, puis on contracte cette transcription en ne gardant souvent que le premier caractère, auquel on ajoute guó (pays).

Attention, tous les noms de pays ne suivent pas ce modèle. Le Japon se dit 日本 Rìběn (« origine du soleil »), qui est une traduction du sens et non une transcription phonétique. L'Espagne se dit 西班牙 Xībānyá (transcription phonétique complète, sans contraction avec ).

Pour exprimer la nationalité, on ajoute simplement rén (personne) après le nom du pays :
中国人 un Chinois, 法国人 un Français, 美国人 un Américain.


4. L'emploi de nín

Dans le dialogue, Bai Xue utilise nín pour s'adresser au professeur Li : 您是中国人吗? — « Êtes-vous chinois ? »

est la forme respectueuse de (tu). On l'emploie pour marquer le respect envers son interlocuteur, notamment :

  • envers les personnes âgées ;
  • envers les supérieurs hiérarchiques (professeur, patron, etc.) ;
  • dans les contextes formels (rencontre officielle, commerce, service) ;
  • envers les inconnus par politesse.

Le caractère est composé de (tu) surmonté de (cœur). On adresse donc un « tu » avec le cœur — une belle image du respect dans la langue chinoise.